Presque célèbre ! Retrouvez le parcours de Cécile Djunga - WoWo Magazine
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Presque célèbre !

Les mésaventures de Cécile Djunga, étant, pour la plupart, des conséquences directes du racisme, l’ont conduite tout droit dans l’humour, car mieux valait en rire qu’en pleurer. Cécile les a utilisés comme leviers : elle en a créé des sketchs, ce qui lui a permis de devenir championne du monde de comédie en 2013. Très vite, sa carrière décolle. À 28 ans, elle devient la première Miss Météo Black de la RTBF tout en continuant son parcours à la télévision..

Toujours mieux!

«J’ai perdu mon père à l’âge de sept ans. Ce fut le point de départ de tout ce qui m’arriva dans la vie par la suite, car c’est à cet instant que j’ai commencé à avoir la niaque. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée seule avec mes quatre sœurs et ma mère. Ma mère était une battante et elle nous a imposé d’être fortes dans la douleur.

Lorsque l’on perd un de ses parents si jeune, deux choix s’offrent à nous : nous utilisons cette perte comme une force ou nous nous réfugions sous le statut de victime. Ma mère avait 43 ans lorsqu’elle m’a eue, je suis la cadette. J’ai minimum 10 ans de différence avec mes sœurs. Comme elles étaient beaucoup plus grandes que moi, je suis très vite devenue une adulte. Le fait d’avoir été entourée de femmes fortes m’a amenée à en faire de même. De plus, j’étais déjà une enfant très agitée avec un tempérament assez fort.

À 12 ans, ma mère m’a d’ailleurs inscrite à des cours de théâtre, car je parlais trop et trop vite. À 18 ans, j’avais vu des publicités pour le célèbre cours Florent à Paris et cela m’avait donné extrêmement envie.

J’ai donc décidé d’étudier le théâtre.

Ma mère était tout à fait opposée à cette décision, car elle ne voulait pas que j’aille à Paris seule. Je suis donc partie contre son gré. J’ai toujours été très organisée et entreprenante. Cela m’a beaucoup aidé, car une fois à Paris, je devais tout assumer toute seule. C’était fou, j’avais 19 ans et je payais mon loyer, mes cours, et ma nourriture. Je travaillais tous les soirs jusque 23 heures pour arriver à joindre les deux bouts. Je dormais entre 1 h et 7 h du matin. C’était totalement improbable comme rythme, mais je tenais, car j’avais l’instinct de survie; cet instinct de vouloir aller, coûte que coûte, au bout de mon rêve.

Je me souviens très bien que ma mère m’avait dit que si je choisissais ce métier, je devais être la meilleure.

Cela ne m’a pas fait peur, car j’ai toujours été éduquée dans cette mentalité. Pour mon père, nous devions faire plus et mieux que les autres enfants. Pour eux, revenir avec de bonnes notes n’était pas suffisant, car nous étions africains. Nous devions avoir de très bonnes notes. C’était très important pour eux que nous ne traînions pas dans la rue et que nous parlions bien. C’était une éducation stricte parce que nous n’étions pas chez nous. Cela, mon père nous le répétait constamment et je ne le comprenais pas.

Avec le recul, j’ai fini par le comprendre. Personnellement, je me sens totalement chez moi, mais aux yeux de certains, parce que je suis noire, je ne le suis pas. Et cela, je l’ai fortement ressenti à la fin du cours Florent. Je venais de passer quatre années à travailler comme une dingue, à avoir des spectacles, des répétitions, etc. Du jour au lendemain, tout s’est arrêté, car lorsque j’ai passé des castings, je me suis heurtée aux préjugés des autres. Sans cette éducation du “toujours mieux”, j’aurais peut-être abandonné mon rêve.»

Vous êtes parfaitement parfaite

L’inégalité de traitement persiste entre les hommes et les femmes dans nos médias avec seulement 25 % de femmes mises en avant –et, dans 46 % des cas, le contenu alimente de plus belle les stéréotypes sur le genre et la race. De fait, 60 % des femmes présentes dans les campagnes publicitaires européennes sont reléguées au statut de mère au foyer. Les débats politiques, sportifs et l’information nationale belges sont dédiés à 90 % aux hommes.

En matière, de race, les publicités du début du XXe siècle ont également gravé dans notre esprit l’image du « noir serviteur ». En devenant la première Miss Météo africaine de la RTBF, notre Wowo nous fait passer un message extrêmement fort : si vous êtes capable de tourner en humour et autodérision certaines situations d’injustice, vous serez capable de vous faire une place, car cela permet de remettre en cause les croyances personnelles de chacun !

«J’ai grandi dans un quartier privilégié de Bruxelles et je n’avais jamais vraiment subi de racisme avant le début de ma carrière. Dans ma tête, j’étais “comme tout le monde”. Je ne m’étais pas aperçue de la différence, car j’allais aux scouts et j’ai grandi avec bien plus de blancs que d’Africains. Par contre, lorsque j’ai commencé mes premiers castings à 23 ans, j’ai reçu énormément de remarques racistes. Le problème était que je n’étais pas assez “noire” pour jouer des rôles d’Africaine. Ma bouche n’était pas assez grosse et je parlais “trop bien”.

Un jour, une des personnes qui m’auditionnait m’a même dit que je ne pouvais pas avoir le rôle parce que je n’avais pas de balafre sur le visage. L’autre problème était que je n’étais pas assez “blanche” pour jouer une Belge. En résumé, je ne rentrais dans aucune case.».

Si on ne vous donne pas de travail, créez-en un!

«Mon arme a été l’écriture. J’ai commencé à écrire toutes mes aventures de casting et à en faire des sketchs. Ensuite, j’ai passé un concours de jeunes talents pour participer à la “World Championship of performing arts”. Cela se passe à Hollywood et équivaut aux jeux Olympiques, à la différence que c’est pour les artistes. Chaque pays avait sa délégation de chanteurs, de danseurs, de comédiens, de mannequins, etc. Je représentais la France en tant que comédienne. Le but était de convaincre le jury en une minute seulement! Incroyable, mais vrai, j’ai gagné ce concours et je suis donc championne du monde de comédie 2013.

Mon sketch s’inspirait tout simplement de ma vie : je jouais le rôle d’une jeune actrice ratée qui avait fini en prison après avoir tué son agent qui ne lui donnait jamais de rôle, car elle était jugée trop peu conforme aux modèles médiatiques. C’est sûr, c’était drôle et dynamique et je portais également un message fort.

Cet épisode m’a donné confiance en moi.

C’est à ce moment que j’ai réalisé que j’avais peut-être du talent pour faire rire les gens.

En revenant à Paris, j’ai commencé à écrire des sketchs, à faire des scènes ouvertes… J’ai rapidement été repérée. La suite fut très rapide. Je pense que les gens appréciaient le fait que je tourne en dérision les expériences que j’avais vécues. Dans mon second spectacle, “Presque célèbre”, je parle aussi de ma vie, du fait que je désirais faire du théâtre classique, que je rêvais de jouer Roméo et Juliette, mais que malheureusement, je n’avais pas vraiment le profil type. »

Ses Super-pouvoirs :

Sa tchatche : grâce à son bagou et sa spontanéité, Cécile a développé sa « tchatche » pour pouvoir se défendre, se valoriser, faire rire ou se débrouiller dans des situations improbables.

Sa citation :

« Il faut toujours viser la lune, car, même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles » de Oscar Wilde et « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris ». Au lieu d’essayer de faire comme les autres ou de vouloir devenir une autre, profitez de vos atouts et de votre personnalité, travaillez sur vous-même et acharnez-vous à réaliser vos rêves !

Son parfum :

White Musk de Body Shop qu’elle met depuis ses 12 ans. C’était aussi le parfum de ses sœurs. Il lui rappelle leur force et leur côté battant. Ce parfum a du caractère, est reconnaissable de très loin et tient la route. En bref, il est tout à fait à son image.

Retrouvez la talentueuse Cécile Djunga dans son spectacle : www.ceciledjunga.com

Spectacle humour Cécile Djunga

 

 

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